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Lumière sur les Cités

Volume 02.01

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2002.03

Light on the Cities


Scandale au concert des abonnés de Lôzan

L’honorable Oscar Frobélius victime d’un attentat artistique
Par notre correspondant local Pol Arnimandry

Nous avons assisté à un nouveau concert de l’école de Musique de Lôzan, dont la notoriété est croissante sur le continent. Rappelons qu’elle fut fondée par Antoine Aimé Laporte après le célèbre concert du Lac Vert, qui a laissé des souvenirs nostalgiques à nos concitoyens. Au-delà de l’enseignement de l’art musical, notre académie cherche à promouvoir l’usage de l’orgue, instrument noble et susceptible de réveiller les plus délicates émotions. La création d’un programme de concerts a permis d’attirer de nombreux musiciens, et notre ville menace maintenant la réputation d’Alaxis ou de Bayreuth dans ce domaine.

Le 3ème concert de la saison offrait au jeune Ramon Zarik l’occasion d’interpréter sa première œuvre personnelle. Jadis élève de l’organologue Oscar Frobélius, il arriva dans notre ville il y a 3 ans pour parfaire son art digital.

Brillant organiste, et capable d’interpréter de mémoire tout le répertoire classique,
Ramon Zarik a montré un tel talent que ses professeurs lui ont prédit un brillant avenir. Il s’était retiré du monde depuis quelques mois pour composer une œuvre personnelle, et l’école célébrait son retour. Tous les mélomanes étaient présents pour cet événement prometteur, et Oscar Frobélius s’était déplacé en personne pour découvrir le travail de son ancien élève.

L’étonnement des auditeurs commença en constatant qu’au lieu de l’orgue symphonique habituel, le musicien utilisait des instruments électro-soniques. Le programme distribué à l’entrée expliquait la volonté du compositeur de renouveler la tradition musicale, en réunissant des mélodies populaires traditionnelles et des rythmes primitifs qu’il avait découverts pendant son voyage dans le Désert des Somonites.

Il était doctement précisé que chaque instrument incarnait une tradition, la main gauche utilisant un piano-basse à vocation rythmique, et la main droite jouant une orgue mélodique.

Cette surprise était insignifiante en regard de ce qu’allait nous faire subir l’audition du concert. Tout était dominé par un rythme agressif, et Ramon Zarik utilisait son piano à contre-emploi, en martelant les notes basses du clavier comme une percussion. De son autre instrument, il a sorti un son aigre, parfois strident, le plus souvent saccadé et sans grâce, ignorant les subtilités harmonique et mélodique de l’orgue traditionnel. Les mélodies étaient de vieux refrains vulgaires et monotones, et l’accompagnement vocal se résumait à des hurlements sauvages. L’ambiance morbide et terrifiante engendrée par cet ensemble acoustique a sidéré les spectateurs. Plus grave encore, le musicien s’est comporté sur scène de la façon la plus sauvage et inconvenante, affichant des gestes que je ne détaillerai pas sans crainte d’offenser le lecteur. L’exhibition d’instincts aussi bas reflète la volonté de cet anarchiste de détruire toute une tradition de bon goût et d’éducation.

Voir suite en page4.

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Ramon Zarik en concert (?)

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Contributions

Eilko Bronsema

Christophe Compère

René Derosne

Raymond Larpin

Benoît Peeters

François Schuiten

Sylvain St-Pierre

Théo

Alex Willem

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Luminas No. 4
236 Chaussée d'Ahekt
Schaerbeek (Brüsel)

 

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