Nous
avons assisté à un nouveau concert de lécole de Musique de Lôzan, dont la
notoriété est croissante sur le continent. Rappelons quelle fut fondée par
Antoine Aimé Laporte après le célèbre concert du Lac Vert, qui a laissé des souvenirs
nostalgiques à nos concitoyens. Au-delà de lenseignement de lart musical,
notre académie cherche à promouvoir lusage de lorgue, instrument noble et
susceptible de réveiller les plus délicates émotions. La création dun programme
de concerts a permis dattirer de nombreux musiciens, et notre ville menace
maintenant la réputation dAlaxis ou de Bayreuth dans ce domaine.
Le
3ème concert de la saison offrait au jeune Ramon Zarik loccasion
dinterpréter sa première uvre personnelle. Jadis élève de
lorganologue Oscar Frobélius, il arriva dans notre ville il y a 3 ans pour parfaire
son art digital. |
Brillant
organiste, et capable dinterpréter de mémoire tout le répertoire classique,
Ramon Zarik a montré un tel talent que ses professeurs lui ont prédit un brillant
avenir. Il sétait retiré du monde depuis quelques mois pour composer une
uvre personnelle, et lécole célébrait son retour. Tous les mélomanes
étaient présents pour cet événement prometteur, et Oscar Frobélius sétait
déplacé en personne pour découvrir le travail de son ancien élève.
Létonnement
des auditeurs commença en constatant quau lieu de lorgue symphonique
habituel, le musicien utilisait des instruments électro-soniques. Le programme distribué
à lentrée expliquait la volonté du compositeur de renouveler la tradition
musicale, en réunissant des mélodies populaires traditionnelles et des rythmes primitifs
quil avait découverts pendant son voyage dans le Désert des Somonites. |
Il
était doctement précisé que chaque instrument incarnait une tradition, la main gauche
utilisant un piano-basse à vocation rythmique, et la main droite jouant une orgue
mélodique.
Cette
surprise était insignifiante en regard de ce quallait nous faire subir
laudition du concert. Tout était dominé par un rythme agressif, et Ramon Zarik
utilisait son piano à contre-emploi, en martelant les notes basses du clavier comme une
percussion. De son autre instrument, il a sorti un son aigre, parfois strident, le plus
souvent saccadé et sans grâce, ignorant les subtilités harmonique et mélodique de
lorgue traditionnel. Les mélodies étaient de vieux refrains vulgaires et
monotones, et laccompagnement vocal se résumait à des hurlements sauvages.
Lambiance morbide et terrifiante engendrée par cet ensemble acoustique a sidéré
les spectateurs. Plus grave encore, le musicien sest comporté sur scène de la
façon la plus sauvage et inconvenante, affichant des gestes que je ne détaillerai pas
sans crainte doffenser le lecteur. Lexhibition dinstincts aussi bas
reflète la volonté de cet anarchiste de détruire toute une tradition de bon goût et
déducation.
Voir suite en page4.
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Ramon Zarik en concert (?) |